|

La grande importance du Tawhîd* dans la vie du musulman et le danger du Chirk
Louange à Allâh qui a parachevé les religions par la religion du Tawhîd, et révélé le Qour’ên et la Sounna pour annuler les fausses pratiques. Et que la Prière et le Salut d’Allâh soient sur l’ultime Messager : Mohammed Ibn cAbd Allâh ; ainsi que sur ses Chastes Femmes, sa Noble Famille et ses Honorables Compagnons.
Dans cet article, je vais essayer de projeter la lumière sur le plus important Message qu’Allâh a révélé à tous les humains, ainsi que ce qui l’oppose. Pour ce faire,
je vais me référer alternativement, aux textes du Noble Qour’ên et de la Sounna authentique. Car, ces deux sources sont, véritablement et scientifiquement, les seules références divines qui demeurent pures et originales, non entachées par la souillure de la main faussaire de l’homme. Comme est la réalité du Christianisme et du Judaïsme !
En effet, Allâh -pureté à Lui- informe, de par de multiples sourates du Saint Qour’ên, de la mission capitale des Prophètes, qui est de légiférer les pratiques religieuses dans la seule voie du Tawhîd. L’essence du Tawhîd est de vouer une intention pure et sincère à Allâh -Très Haut soit-Il-. En d’autres termes ; c’est le fait que lorsque le serviteur accomplit un acte d’adoration, il doit le détacher de toute visée susceptible de le détourner du principe de l’Unicité d’Allâh ; à savoir : Croire que seul Allâh est en droit d’être adoré. Cela concerne, foncièrement, toute adoration que l’homme produit dont: la croyance, la parole, l’œuvre, et le comportement. Ainsi, retrouvons-nous l’exacte définition du premier segment de l’attestation de l’Islam (lâ Ilêha Illa Allâh) qui est : nul n’est en droit d’être adoré à part Allâh.
Allâh -Très Haut soit-Il- décrète ce commandement dans nombre de Versets tels que ((Il ne leur a été commandé, cependant, que d’adorer Allâh, Lui vouant un culte exclusif, d’accomplir la Salât et d’acquitter la Zakât. Et voilà la religion de droiture)). El Bayyina. V. 5. Assignant ainsi, grâce à cette exclusivité dans l’adoration, l’attribut de droiture à la religion qui est l’ensemble des enseignements et pratiques auxquels nous sommes tenus à nous soumettre. Sachant, par implication, que toute action déviée de cette norme d’exclusivité (le Tawhîd en question) est statuée comme dépourvue de droiture. D’où proviennent d’ailleurs, les différents agissements hérétiques et innovés qui débouchent parfois sur le Chirk (Association). Pour confirmer ce devoir d’éviter le Chirk, donc de réaliser le Tawhîd ; Allâh dit ((Dis : en vérité, ma salât, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allâh, Seigneur des mondes. A Lui nul associé ! Et voilà ce qu’il m’a été ordonné, et je suis le premier des musulmans)). El Ancêm. V. 162-163. De ce fait, comprenons-nous que tout culte exercé par le serviteur durant sa vie, ne doit absolument être consacré à un autre qu’Allâh. Et Il dit aussi ((Quiconque, donc, espère rencontrer son Seigneur, qu’il fasse de bonnes actions et qu’il n’associe dans son adoration aucune [créature] à son Seigneur)). El Kahf. V. 110 Les savants ; (El Fodayl Ibn cAyyâd, entres autres) commentent les bonnes actions citées dans ce Verset, par le suivi de la sounna du Prophète ; ce qui s’oppose radicalement aux innovations. Le Messager d’Allâh dit : « Certes, Allâh n’accepte des œuvres, que celles qui Lui sont vouées exclusivement ».
__________________________
*Rem. Tawhîd veut dire : vouer une adoration pure et exclusive à Allâh. Communément traduit par l’expression : Unicité d’Allâh.
Par ailleurs, pour démontrer le grand danger que recouvre le Chirk ; qui est d’annuler les actions et de les rendre inacceptables, Allâh -Gloire à Lui- nous en informe dans un hadîth divin : « Je suis Celui qui se passe de tout Association. Quiconque accomplit une action dont il m’associe à quelqu’un d’autre ; Je le délaisse lui et son Association ». Dans le Qour’ên aussi, Allâh statue la même sanction ((En effet, il t’a été révélé, ainsi qu’à ceux qui t’ont précédé : « si tu donnes des associés à Allâh, ton œuvre sera certes vaine ; et tu seras très certainement ; du nombre des perdants »)). Az-Zoumar. V. 65, Puis immédiatement dans le verset suivant, Allâh ordonne et commande ((Tout au contraire, adore Allâh seul, et sois du nombre des reconnaissants)). Et, puisque le Prophète lui a été dictée une si ferme injonction, alors qu’il est le Maître des pieux, donc la Oumma musulmane est en position prioritaire quant à son accomplissement. Cela étant, lorsqu'Allâh - Majesté à Lui- invalide les œuvres d’une personne à cause de la grande Association, le sort final de cette personne (si elle meurt sans se repentir) est d’être vouée à l’Enfer. Qu’Allâh nous en préserve ainsi que tous les musulmans. Notre Seigneur atteste de cette réalité en déclarant ((Certainement, quiconque associe à Allâh (d’autres divinités) ; Allâh lui interdit le Paradis ; et son refuge sera le Feu.)). El Mê'ida. V. 72. Et Il dit ((Certes Allâh ne pardonne pas qu’on Lui donne quelqu’associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut)). An-Nisê’. V. 48.
En effet, Allâh le Tout Puissant réserve un tel dur châtiment, parce que la grande Association est le pire des péchés par lequel Il est transgressé. Des versets fréquents dans le Livre d’Allâh prouvent ce constat : ((Et quiconque donne à Allâh un quelqu’associé, a donc commis un énorme péché)). An-Nisê’. V. 48, ((Et lorsque Louqmên dit à son fils tout en l’exhortant : « mon fils ! Ne donne pas d’associé à Allâh, car l’association [à Allâh] est vraiment une Injustice énorme.»)). Louqmên. V. 13. Et d’après les deux Authentiques (El Boukhârî et Mouslim) ; « Une fois le Prophète fut interrogé : « Quel est le plus grand péché ? », il répondit « Que tu donnes un égal à Allâh, alors que c’est Lui qui t’a créé» !! Quelle pire Injustice que celle d’élever la créature au rang du Créateur ? De s’adresser à un mort (réduit à néant dans sa tombe)*, pour se faire exaucer les prières et s’attribuer les grâces et les faveurs ! Se souvenant ainsi, de la niaise attitude des pères et des aïeux ! ((Ils dirent : « Non ! Mais nous avons trouvé nos ancêtres agissant ainsi)). Ach-Choucarâ’. V. 74. Quelle ignoble croyance que celle d’invoquer les djinns1 et les esprits, pour repousser les malheurs alors que cela ne fait qu’aggraver la douleur ? ((Or, il y avait parmi les humains, des mâles qui cherchaient protection auprès des mâles parmi les djinns, mais cela ne fit qu’accroître leur détresse)). El Djinn. V. 6. Quelle monstrueuse parole ; que celle de prétendre que les saints et les pieux détiennent du pouvoir sur les événements de la vie? ((A Allâh appartient l’Inconnaissable des cieux et de la terre, et c’est à Lui que revient l’ordre tout entier. Adore-Le donc et place ta confiance en Lui)). Hoûd. V. 123.
______________________________________
* Il y a un ouvrage très intéressant concernant ce sujet écrit par son éminence, l’ex-Moufti d’Algérie ; le Cheikh Hammânî . Son titre est : Le jugement religieux sur la Zarda et la Waada; traduction élaborée par l'auteur de cet article.
(1) Je saisi au passage l’occasion pour mettre nos frères lecteurs en garde contre un phénomène alarmant qui a commencé à se propager dans notre pays. Il s’agit de certains imposteurs qui prétendent exercer la Rouqya (l’exorcisme) en demandant l’aide et l’assistance des djinns ! Ces fallacieux Rêqî utilisent des méthodes perfides consistant à tromper le malade et sa famille. Pour ce faire, ils prennent des airs de piété et de religiosité ! Et afin de convoquer les djinns musulmans, comme prétendent ces soi-disant Rêqî, ils font le Adhên, demandent au malade de fermer les yeux…ainsi que d’autre supercheries. Enfin, il incombe à tout musulman de ne jamais les croire, voire il faut les éviter.
Enfin, existe-t-il une pratique plus nuisible à soi et à autrui que celle de recourir à la sorcellerie ? Sachant qu’en plus de son appartenance au grand Chirk, elle est aussi considérée parmi les sept péchés Majeurs ! Voire, le Prophète l’a classée en deuxième position, comme nous le prouve le hadith rapporté par Aboû Hourayra : « Evitez les sept choses périlleuses. » Ils dirent : « Et que sont-elles ? Messager d’Allâh ! » Il dit : « le Chirk, la sorcellerie… ». Et Allâh -Pureté à Lui- a destiné aux sorciers, voyants, magiciens et consorts, une perdition sans merci ((Et le magicien ne réussit pas, où qu’il soit)). Tâha. V. 69 ; ((Et les magiciens ne réussissent pas)). Yoûnous. V. 77. Et étant donné que la sorcellerie et la magie sont des actes de mécréance ; la personne qui les exerce est jugée mécréante, elle aussi. Allâh clarifie cet état en disant ((Souleymên n’a point mécru, mais ce sont les démons qui ont mécru. Ils apprennent aux gens la sorcellerie ainsi que ce qui est descendu sur les deux anges Hâroût et Mâroût, à Babylone ; mais ceux-ci n’enseignent rien à personne, qu’ils n’aient dit d’abord : «Nous ne sommes rien qu’une tentation : ne sois pas mécréant » ; ils apprennent auprès d’eux ce qui sème la désunion entre l’homme et son épouse. Or, ils ne sont capables de nuire à personne qu’avec la permission d’Allâh. Et les gens apprennent ce qui leur nuit et ne leur est pas profitable. Et ils savent, très certainement, que celui qui acquiert [ce pouvoir] n’aura aucune part dans l’au-delà. Certes, quelle détestable marchandise pour laquelle ils ont vendu leurs âmes ! Si seulement ils savent !)). El Baqara. V. 102. Puis, Il ajoute dans le Verset qui suit ((Et s’ils croyaient et vivaient en piété)). Le savant El Fawzên dit : « Cela est une preuve que le magicien n’est ni croyant ni pieux ». Et compte tenu de la gravité de cette énorme infraction, il est révélé également que les personnes qui interrogent les sorciers sont elles aussi sujettes à de graves peines. Le Messager d’Allâh dit : « Celui qui consulte un voyant ; croit ce qu’il dit, a donc mécru à ce qui est révélé sur Mohammed ». Rapporté par Ahmed et Abou Dâwoud. Et, « Celui qui consulte un voyant, l’interroge sur quelque chose ; sa salât ne sera pas agréée pendant quarante jours ». Rapporté par Mouslim. Nous demandons à Allâh la préserve et le salut. Ce qui nous explique clairement que: consulter les magiciens et les sorciers, est un acte illicite, faisant partie des grands péchés.
Ce sont en bref des exemples sur quelques actes qui peuvent mener à la mécréance et la grande Association. Il incombe ainsi à tout musulman de s’en éloigner, de conseiller son prochain de ne pas les commettre, et de mettre en garde leurs auteurs.
Cela étant dit ; le mérite du Tawhîd, l’antagoniste du Chirk, est beaucoup plus vaste qu’il soit traité dans quelques paragraphes. C’est pour cela que je vais ultérieurement, si Allâh me le permettra, élaborer plusieurs articles successifs étudiant les différents types du Tawhîd, ses bienfaits, l’intérêt de l’étudier et de l’apprendre, le moyen pour le réaliser. Les types du Chirk, les actes qui l’entraînent ; comment l’éviter, etc.
En conclusion, je demande à tout musulman de s’intéresser à l’apprentissage de sa religion, de s’occuper de la science islamique et de sa pratique. Car, Allâh -le Tout Miséricordieux- a destiné que la Réussite soit conditionnée par la pratique ferme de l’Islam. Cette pratique ne s’acquiert efficacement qu’en suivant le chemin de la science religieuse tel que tracé par nos pieux prédécesseurs (As-Salaf As-Sâlih).
Et notre dernière invocation est : Louange à Allâh, le Seigneur des mondes, et qu’Allâh prie et salue sur notre Prophète Mohammed, sur sa Famille et tous ses Compagnons.
Aboû Fahîma cAbd Ar-Rahmên El Bidjê’î
Paris, à l’après-midi du 15 Moharram 1428 C.H.
Correspondant au Samedi 3 Février 2007
 |